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Et si la campagne électorale au Maroc se jouait aussi sur la baisse des taxes et des impôts ? 49


Et si la campagne électorale au Maroc se jouait aussi sur la baisse des taxes et des impôts ?

Au Maroc, la campagne électorale est riche en promesses sociales et en engagements sectoriels. Elle est surtout prolifique en promesse creuses : Santé comme s’il n’y en avait pas, Enseignement comme s’il n’y en avait pas, emploi comme si l’emploi se décrétait. Et puis rien sinon du populisme bas étage. Pourtant une question simple reste trop peu présente dans les débats publics : pourquoi la politique des taxes et des impôts n’est‑elle pas, elle aussi, au centre des programmes et des discours politiques ? Face à l’érosion du pouvoir d’achat, à la pression qui pèse sur les classes moyennes et aux difficultés rencontrées par les petites entreprises, la fiscalité ne peut plus être reléguée au rang de « sujet technique » réservé aux experts. Elle conditionne la vie quotidienne des ménages, la compétitivité des entreprises et, in fine, la trajectoire économique du pays. Repensée comme levier, et non seulement comme source de recettes, la politique fiscale peut stimuler la consommation, soutenir la production, réduire les coûts de fonctionnement des acteurs économiques et pourquoi pas redonner à la politique sa noblesse, aux citoyens le goût de la pratiquer et les pousser à aller aux urnes. La baisse ciblée de certaines taxes n’est pas forcément synonyme de perte durable pour l’État. En allégeant la pression sur les ménages et les entreprises, l’État peut favoriser une reprise de l’activité : hausse des volumes produits, augmentation des ventes, création d’emplois et, à terme, élargissement de l’assiette fiscale. Autrement dit, une politique fiscale intelligente peut se concevoir comme un investissement public à rendement élevé. Parmi les mesures à envisager peut figurer une diminution de la TVA sur les produits manufacturés localement. Son impact sur les prix est immédiat et visible pour le consommateur. Dans un contexte où le coût de la vie pèse fortement sur les budgets, alléger la fiscalité indirecte sur les biens de consommation courante redonne du souffle au pouvoir d’achat et oriente mécaniquement la demande vers le « Made in Morocco ». Ce basculement profite aux ateliers, PME industrielles et filières de transformation : davantage de débouchés, incitation à l’investissement productif et réduction partielle de la dépendance aux importations. Effet souvent sous‑estimé : l’emploi. Une industrie qui vend davantage produit plus et embauche plus. Une baisse de TVA bien calibrée sur les produits locaux peut contribuer à créer des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects, notamment dans les secteurs intensifs en main‑d’œuvre. L’État récupère ensuite une part significative de ses recettes via la hausse d’activité, l’augmentation des cotisations sociales et l’amélioration de la rentabilité des entreprises. Autre levier décisif : la réduction des taxes sur les carburants. Dans le modèle économique marocain, le prix des carburants se répercute sur l’ensemble des coûts : transport, logistique, agriculture, distribution et prestation de services. Alléger cette pression fiscale ne se traduirait pas seulement par un répit ponctuel à la pompe ; ce serait une mesure structurelle réduisant les coûts de l’économie, soutenant la compétitivité des entreprises et limitant la transmission des chocs inflationnistes. Ces leviers, TVA, taxes sur les carburants et allègements ciblés pour les PME, doivent toutefois être conçus avec rigueur. Toutes les baisses fiscales ne se valent pas. Elles doivent être ciblées sur les secteurs à fort effet multiplicateur, assorties de mécanismes d’évaluation, conditionnées, si nécessaire, à des engagements d’investissement ou de maintien de l’emploi, et intégrées à une stratégie budgétaire crédible. L’objectif n’est pas d’user d’un slogan populiste, mais de proposer des mesures chiffrées, assumées et articulées à une vision de développement. La vraie question politique est celle du « logiciel » économique : compenser chaque besoin budgétaire par de nouveaux prélèvements, au risque d’étouffer la consommation et d’affaiblir la compétitivité ; ou faire le pari d’une baisse sélective et intelligente des prélèvements pour enclencher un cercle vertueux de croissance ? Normalement plus de pouvoir d’achat entraîne plus de consommation ; plus de consommation soutient plus de production ; plus de production crée plus d’emplois ; plus d’emplois élargissent la base des cotisants et, finalement, augmentent les recettes publiques. Il serait sain que la prochaine campagne intègre ce débat au premier plan, non pas sous forme de slogans, mais par des propositions crédibles et mesurables : quels impôts baisser, sur quels produits, pour quelles catégories d’entreprises, pendant combien de temps, et avec quelles contreparties budgétaires ? Ce n’est pas seulement une question fiscale : c’est une question économique, sociale et politique sur la manière dont l’État conçoit sa relation avec les citoyens et les entreprises. Si, pour une fois, la campagne marocaine osait promettre non seulement davantage de dépenses mais aussi moins de prélèvements là où cela produit plus de richesse, elle ouvrirait probablement l’un des débats les plus constructifs pour l’avenir du pays.

Et si la campagne électorale au Maroc se jouait aussi sur la baisse des taxes et des impôts ?

Au Maroc, la campagne électorale est riche en promesses sociales et en engagements sectoriels. Pourtant une question simple reste trop peu présente dans les débats publics : pourquoi la politique des taxes et des impôts n’est‑elle pas, elle aussi, au centre des programmes et des discours politiques ? Face à l’érosion du pouvoir d’achat, à la pression qui pèse sur les classes moyennes et aux difficultés rencontrées par les petites entreprises, la fiscalité ne peut plus être reléguée au rang de « sujet technique » réservé aux experts. Elle conditionne la vie quotidienne des ménages, la compétitivité des entreprises et, in fine, la trajectoire économique du pays. Repensée comme levier, et non seulement comme source de recettes, la politique fiscale peut stimuler la consommation, soutenir la production, réduire les coûts de fonctionnement des acteurs économiques et pourquoi pas redonner à la politique sa noblesse, aux citoyens le goût de la pratiquer et les pousser à aller aux urnes. La baisse ciblée de certaines taxes n’est pas forcément synonyme de perte durable pour l’État. En allégeant la pression sur les ménages et les entreprises, l’État peut favoriser une reprise de l’activité : hausse des volumes produits, augmentation des ventes, création d’emplois et, à terme, élargissement de l’assiette fiscale. Autrement dit, une politique fiscale intelligente peut se concevoir comme un investissement public à rendement élevé. Parmi les mesures à envisager peut figurer une diminution de la TVA sur les produits manufacturés localement. Son impact sur les prix est immédiat et visible pour le consommateur. Dans un contexte où le coût de la vie pèse fortement sur les budgets, alléger la fiscalité indirecte sur les biens de consommation courante redonne du souffle au pouvoir d’achat et oriente mécaniquement la demande vers le « Made in Morocco ». Ce basculement profite aux ateliers, PME industrielles et filières de transformation : davantage de débouchés, incitation à l’investissement productif et réduction partielle de la dépendance aux importations. Effet souvent sous‑estimé : l’emploi. Une industrie qui vend davantage produit plus et embauche plus. Une baisse de TVA bien calibrée sur les produits locaux peut contribuer à créer des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects, notamment dans les secteurs intensifs en main‑d’œuvre. L’État récupère ensuite une part significative de ses recettes via la hausse d’activité, l’augmentation des cotisations sociales et l’amélioration de la rentabilité des entreprises. Autre levier décisif : la réduction des taxes sur les carburants. Dans le modèle économique marocain, le prix des carburants se répercute sur l’ensemble des coûts : transport, logistique, agriculture, distribution et prestation de services. Alléger cette pression fiscale ne se traduirait pas seulement par un répit ponctuel à la pompe ; ce serait une mesure structurelle réduisant les coûts de l’économie, soutenant la compétitivité des entreprises et limitant la transmission des chocs inflationnistes. Ces leviers, TVA, taxes sur les carburants et allègements ciblés pour les PME, doivent toutefois être conçus avec rigueur. Toutes les baisses fiscales ne se valent pas. Elles doivent être ciblées sur les secteurs à fort effet multiplicateur, assorties de mécanismes d’évaluation, conditionnées, si nécessaire, à des engagements d’investissement ou de maintien de l’emploi, et intégrées à une stratégie budgétaire crédible. L’objectif n’est pas d’user d’un slogan populiste, mais de proposer des mesures chiffrées, assumées et articulées à une vision de développement. La vraie question politique est celle du « logiciel » économique : compenser chaque besoin budgétaire par de nouveaux prélèvements, au risque d’étouffer la consommation et d’affaiblir la compétitivité ; ou faire le pari d’une baisse sélective et intelligente des prélèvements pour enclencher un cercle vertueux de croissance ? Normalement plus de pouvoir d’achat entraîne plus de consommation ; plus de consommation soutient plus de production ; plus de production crée plus d’emplois ; plus d’emplois élargissent la base des cotisants et, finalement, augmentent les recettes publiques. Il serait sain que la prochaine campagne intègre ce débat au premier plan, non pas sous forme de slogans, mais par des propositions crédibles et mesurables : quels impôts baisser, sur quels produits, pour quelles catégories d’entreprises, pendant combien de temps, et avec quelles contreparties budgétaires ? Ce n’est pas seulement une question fiscale : c’est une question économique, sociale et politique sur la manière dont l’État conçoit sa relation avec les citoyens et les entreprises. Si, pour une fois, la campagne marocaine osait promettre non seulement davantage de dépenses mais aussi moins de prélèvements là où cela produit plus de richesse, elle ouvrirait probablement l’un des débats les plus constructifs pour l’avenir du pays.